Loi LOM : comment mettre vos passages piétons en conformité avant le 31 décembre 2026 ?
En France, la sécurité aux abords des passages piétons reste un point de vigilance constant pour les gestionnaires de voirie. D’après le baromètre ONISR de mai 2026, 503 piétons sont décédés en France métropolitaine sur les douze derniers mois. Cela représente une hausse de 9 % par rapport à la période juin 2024 à mai 2025, et de 4 % par rapport à 2019.
L’automobiliste doit voir suffisamment tôt un piéton qui s’engage sur une traversée pour pouvoir s’arrêter à temps. C’est précisément ce que vise à garantir l’article 52 de la loi d’orientation des mobilités (LOM), qui impose aux collectivités de neutraliser le stationnement motorisé aux abords des passages piétons d’ici la fin de l’année 2026.
Chez NextRoad, nous accompagnons les collectivités et gestionnaires de voirie dans l’analyse de leurs infrastructures afin de les aider à identifier les zones concernées et se mettre en conformité dans de bonnes conditions techniques et budgétaires.
Qu'est-ce que la mise en conformité prévue par la loi LOM ?
La loi n° 2019-1428 du 24 décembre 2019 d’orientation des mobilités a introduit, à son article 52, une nouvelle obligation pour les gestionnaires de voirie : offrir aux piétons et aux conducteurs d’excellentes conditions de perception réciproque à l’approche des passages piétons.
Concrètement, cet article a créé l’article L.118-5-1 du Code de la voirie routière, qui interdit désormais tout emplacement de stationnement motorisé dans les 5 mètres en amont d’un passage piéton, sauf lorsque cet emplacement est réservé aux cycles ou aux engins de déplacement personnel.
Cette obligation s’applique à l’occasion des travaux d’aménagement, de réhabilitation ou de réfection de chaussée, que la traversée soit gérée par feux ou non. Les travaux de mise en conformité doivent être achevés au plus tard le 31 décembre 2026.
Pourquoi la loi LOM impose-t-elle la suppression du stationnement devant les passages piétons ?
Le masque à la visibilité, un facteur d'accident bien identifié
Un véhicule stationné juste avant un passage piéton peut créer un masque à la visibilité. Dans ce cas, le conducteur aperçoit le piéton trop tard, notamment lorsqu’il s’agit d’un enfant ou d’une personne en fauteuil. Il ne dispose alors plus du temps nécessaire pour s’arrêter. Les acteurs de la sécurité routière identifient depuis longtemps ce phénomène comme l’une des causes majeures des accidents de piétons en traversée de chaussée.
La distance de 5 mètres correspond à la dimension moyenne d’une place de stationnement. Elle constitue un minimum permettant de rétablir un triangle de visibilité suffisant entre le conducteur en approche et le piéton en attente de traversée.
Une distance minimale, à adapter au contexte
Cinq mètres est le seuil légal, mais il ne constitue pas nécessairement une distance suffisante dans tous les contextes. La configuration de la voie et la vitesse pratiquée peuvent justifier une distance plus importante. Dans certains cas, il est préférable de neutraliser le stationnement sur 7, voire 10 mètres.
Comment mettre vos passages piétons en conformité avec la loi LOM ?
La mise en conformité ne se limite pas à supprimer quelques places de stationnement. Elle suppose, en amont, un diagnostic pour :
- Localiser l’ensemble des passages piétons du réseau concerné.
- Identifier ceux présentant un stationnement non conforme à moins de 5 mètres.
- Distinguer les situations selon le niveau de risque (proximité d’une école, vitesse pratiquée, configuration de la voie).
- Définir, pour chaque emplacement, la solution d’aménagement la plus adaptée.
Chez NextRoad, nous réalisons des audits et diagnostics de sécurité routière sur le terrain : relevés photographiques et vidéo, analyse des conditions de visibilité et d’implantation et identification des non-conformités au droit des passages piétons. Nous proposons aussi des recommandations d’aménagement adaptées à la configuration de chaque site et aux contraintes d’exploitation de la collectivité. Grâce à nos agences présentes sur l’ensemble du territoire national, nous pouvons intervenir rapidement, où que se situe votre commune.
Notre objectif est de transformer cette obligation réglementaire en un plan d’action clair, priorisé selon le niveau de risque réel et directement exploitable par les services techniques et les élus.
Comment réaménager les places supprimées ?
Pour certaines communes, le nombre de places concernées peut être significatif. C’est notamment le cas dans les centres-villes, les rues commerçantes, les abords d’écoles, les zones résidentielles denses ou les secteurs déjà contraints.
Mais cette évolution peut aussi devenir un levier d’amélioration du cadre de vie. Les espaces libérés peuvent être réaffectés à des usages compatibles avec la visibilité :
- Arceaux vélos
- Stationnement pour cycles et engins de déplacement personnel
- Végétalisation basse
- Avancées de trottoir
- Espaces d’attente plus lisibles pour les piétons
- Mobilier urbain adapté, sous réserve de ne pas recréer de masque à la visibilité
La question du stationnement ne disparaît pas : elle se déplace. Elle invite les collectivités à organiser plus finement les usages de la voirie, en tenant compte des besoins des riverains, des commerces, des livraisons, des personnes à mobilité réduite et des modes actifs.
Conclusion
La mise en conformité des passages piétons prévue par la LOM n’est pas qu’une contrainte administrative : c’est une mesure de sécurité routière qui répond à un phénomène d’accidentologie bien documenté. Anticiper cette échéance, à l’occasion de vos travaux de voirie, permet d’aborder cette obligation avec méthode plutôt que dans l’urgence, et d’en faire une réelle opportunité d’amélioration de la sécurité pour tous les usagers.



